Fracture de fatigue
La fracture de fatigue est une fissure microscopique de l’os, provoquée par des contraintes mécaniques répétées. Elle survient le plus souvent dans le cadre d’une activité physique intense ou inhabituelle, chez les sportifs comme chez les personnes reprenant une activité après une période d’arrêt.
Contrairement à une fracture classique liée à un choc ou à un traumatisme, la fracture de fatigue est une microfissure osseuse causée par des sollicitations répétées sur un os sain. Elle apparaît généralement dans les jambes ou les pieds, notamment lors d’activités à fort impact (course à pied, randonnée, sport intensif, etc.).
Elle est parfois appelée fracture de stress. Elle résulte d’un déséquilibre entre la contrainte exercée sur l’os et sa capacité à se régénérer. Quand cette contrainte est répétée sans repos suffisant, l’os finit par se fragiliser.
Ce type de lésion est fréquent chez les sportifs, en particulier lors d’un changement soudain d’intensité ou de volume d’entraînement.
Quelles sont les causes d’une fracture de fatigue ?
La fracture de fatigue ne dépend pas uniquement de l’intensité de l’effort : d’autres éléments peuvent fragiliser l’os et accroître le risque.
Des facteurs de risque qui peuvent favoriser son apparition :
- Un entraînement mal adapté, notamment chez les coureurs ou randonneurs (augmentation soudaine des distances ou du rythme, changement de terrain, équipement inadapté).
- Une mauvaise technique gestuelle ou posture inappropriée.
- Une fragilité osseuse (ostéoporose, carences alimentaires).
- Des déséquilibres hormonaux (cycle menstruel perturbé, trouble du comportement alimentaire, surcharge d’entraînement), notamment chez les femmes.
- Des chaussures usées ou inadaptées augmentent également le risque, en particulier sur les terrains durs.
Les femmes sont globalement plus sujettes aux fractures de fatigue que les hommes. Une athlète sur sept aurait déjà souffert d’une fracture de stress, avec une prévalence atteignant 22 % chez les sportives de haut niveau. Ce type de fracture représente environ 15 à 20 % des blessures musculosquelettiques chez les coureurs.
Fracture de fatigue : les symptômes à reconnaître
La fracture de fatigue se manifeste souvent par une douleur localisée qui apparaît progressivement, sur un os soumis à des contraintes répétées. Contrairement à une fracture « classique », elle survient sans choc important. La douleur survient après un exercice prolongé ou intensif. Les douleurs s’intensifient au fil du temps et peuvent mener à l’obligation d’arrêter l’activité physique.
Cette douleur est typiquement :
- Aggravée à l’effort, en position debout ou à la marche.
- Soulagée au repos, dans les phases initiales.
- Parfois accompagnée d’une sensibilité à la palpation, à l’appui ou d’un gonflement discret autour de l’os concerné.
Le tibia est l’os le plus affecté, suivi des os du pied, du fémur et du péroné. À l’inverse, les membres supérieurs sont moins concernés. Un diagnostic précoce est important afin d’éviter que la fissure ne se transforme en fracture complète.
Fracture de fatigue : conseils pour soulager les symptômes et éviter l’aggravation
En cas de fracture de fatigue diagnostiquée, la priorité est de mettre l’os au repos. L’arrêt temporaire de l’activité responsable du stress mécanique est souvent indispensable pour permettre la consolidation. Il ne s’agit pas forcément d’un repos complet, mais d’un arrêt ciblé, associé à une activité physique adaptée pour maintenir la condition générale sans solliciter la zone blessée.
Le recours à une orthèse ou à une attelle de soutien peut être recommandé par un professionnel de santé, notamment en cas de douleur persistante ou pour sécuriser les gestes du quotidien. Des séances de kinésithérapie peuvent aussi être proposées pour accompagner la reprise progressive de l’activité.
Enfin, pour éviter les récidives, il est essentiel d’identifier les facteurs de risque (chaussures inadaptées, surcharge d’entraînement, carences nutritionnelles) et de les corriger.
Le renforcement musculaire, le travail de la posture et l’écoute des signaux de douleur sont des alliés précieux pour reprendre une activité en toute sécurité.