L’insuffisance veineuse

La maladie veineuse ou insuffisance veineuse est une altération des valvules, les petits clapets qui empêchent le sang de redescendre normalement dans les jambes. Le sang s’accumule dans les membres inférieurs et affaiblit la paroi des veines.

En France, un adulte sur trois souffre d’insuffisance veineuse (près d’un tiers sont des hommes contrairement à l’idée reçue). Jambes lourdes, varices, troubles circulatoires… derrière ces symptômes le plus souvent douloureux se cache une véritable pathologie.

Focus sur les valvules

Pour permettre le retour veineux, les veines sont chacune dotées de petits clapets appelés valvules. De manière générale, elles ont pour rôle d’empêcher le reflux du sang. Dans le cas des jambes, elles évitent qu’il redescende vers le pied. Leur bon fonctionnement est capital pour conserver une bonne circulation du sang vers le cœur et limiter le risque de varices.

Les facteurs de risque de l’insuffisance veineuse

  • L’hérédité : avoir un parent souffrant d’insuffisance veineuse augmente de 45% le risque d’avoir soi-même des varices.
  • Le surpoids : l’excès de poids va entraîner plus de pression sur les jambes.
  • Le tabagisme : le tabac affaiblit la tonicité des veines.
  • Certaines professions où l’on travaille debout sont plus exposés que d’autres (piétiner, travailler dans une ambiance chaude et humide).
  • L’âge : les veines perdent petit à petit leur élasticité et ne se contractent plus aussi facilement.
  • Les voyages en avion.
  • La sédentarité ou le manque d’activité.
  • La pratique de certains sports comme le volley-ball, l’haltérophilie, le tennis, le basket, ou encore l’équitation car ils ont un impact très fort sur les jambes et augmentent la pression veineuse dans les membres inférieurs.
  • La grossesse.

Les symptômes de l’insuffisance veineuse

La maladie peut rester stable puis progresser jusqu’à de graves complications.

Premiers symptômes :

  • Sensation récurrente de jambes lourdes surtout en fin de journée.
  • Impatience, fourmillements, picotements, sensation de brûlures principalement en période d’inactivité.
  • Douleurs semblables à des crampes.
  • Apparition d’œdèmes localisés sur les pieds et/ou les mollets, qui augmentent à la chaleur puis diminuent en position allongée.

Si les signes avant-coureurs ne sont pas traités, l’insuffisance veineuse peut entraîner des complications selon les individus :

Des complications chroniques

  • Varices sur les jambes: la déformation est visible sur la peau et prend l’aspect d’un cordon bleuté.
  • Réaction cutanée comme de l’eczéma, des œdèmes et des démangeaisons (la barrière épidermique lésée rend plus sensible).
  • Une peau plus pigmentée, qui peut évoluer jusqu’à l’ulcère de la jambe.
Des complications aiguës

  • Thrombose veineuse superficielle : due à l’obstruction d’une varice.
  • Thrombose veineuse profonde : elle vient de la formation d’un caillot de sang dans une veine importante des membres inférieurs.
  • Rupture d’une varice.

Comment traite-t-on l’insuffisance veineuse ?

Il existe un certain nombre de solutions pour y remédier.

  • Un mode de vie plus sain.
    Pratiquer régulièrement un sport pour favoriser le retour veineux comme la marche, le vélo ou la natation.
    Éviter l’exposition à la chaleur : les bains chauds, le chauffage au sol, le sauna et le hammam.
    Éviter le pantalon trop serré, les jambes croisées trop longtemps.
    Surélever les jambes à la fin de la journée pour faciliter le retour veineux.
    Terminer sa douche par un jet d’eau froide
  • Les vêtements de contention.
    Porter dès l’apparition des symptômes, des chaussettes, des bas ou collants de contention pour exercer une pression sur la jambe, réduire la dilatation des veines et augmenter la vitesse d’écoulement du sang. Portés régulièrement, ces systèmes de contention sont efficaces dans le soulagement de la douleur et la prévention des œdèmes.
  • L’examen médical.
    Le médecin traitant questionne sur les habitudes de vie : la profession, les conditions de travail, le mode de transport, le sport pratiqué.
    Il questionne aussi sur les antécédents familiaux, les circonstances d’apparition des premiers troubles veineux, l’ancienneté et l’évolution des douleurs, les maladies et les traitements suivis. Il prend les mesures pour évaluer la taille des varices.
  • Le traitement médicamenteux.
    Le médecin pourra vous prescrire des veinotoniques : ils exercent une action anti-inflammatoire et stimulent le tonus veineux.
    Quelle que soit leur forme, ils sont généralement prescrits en cure de trois mois.
  • Le geste chirurgical.
    En l’absence de résultats obtenus par les solutions ci-dessus et selon le cas, le médecin peut orienter vers différentes interventions comme la sclérose de varices, le traitement endovasculaire ou le traitement chirurgical.